APERDYNE LE FILM - SAISON 1

LE COMPLEXE DE L'ORACLE

Épisode 42 : Pour plaire à Dieu, priez pour vous-même

POUR PLAIRE À DIEU, PRIEZ POUR VOUS-MÊME

Imaginez des poissons rouges dans leur bocal. Les poissons n’imaginent pas que leur vie captive, ne sont que le plaisir des yeux que vous en avez. S’ils en avaient conscience, il trouverait ça d’une absurdité primaire. Mais pour vous, cela recouvre une utilité certaine : ça décore la maison. Cependant, que serait pour vous un bocal dans lequel les poissons se massacreraient en permanence, du fait de leur vie insupportable ? Une bien vilaine décoration ! Alors si nos âmes sont la vision que Dieu peut avoir de nos vies ; il lui serait surement utile qu’elles s’inscrivent dans une harmonie semblable à ce qu’il a créé. Si vous êtes poisson rouge, alors tournez en harmonie sans vous plaindre et sans vous battre, heureux de votre condition. C’est ce qu’on attend de vous. Mais Dieu, lui, ne nous a pas donné de conditions atroces pour son regard. Vous avez donc à vous rendre utile pour vous-même, afin que votre vie soit utile à Dieu. Vous ne pouvez ainsi prier que pour vous-même, afin de lui plaire et non définir en priant pour les autres, infatué de vos idées, ce que Dieu doit en avoir. La prière se doit en conséquence d’être individuelle et non collective ou pour autrui. Sur ce principe, un ensemble d’individus priant pour la même cause ne peuvent en attendre de résultats. Inutile de psalmodier par milliers, dans l’espoir d’influencer Dieu. Votre volonté ne s’additionne pas du fait du nombre, que vous jugiez la cause juste ou pas. Cette réaction typiquement humaine n’est pas à la mesure de ce que Dieu a créé. Car Dieu n’est pas le président de l’univers, à qui il suffit de demander, sous la pression du nombre, pour mieux convaincre.


Dieu a la lecture de chacune de nos âmes et peut intervenir pour chacun d’entre nous, par nos agissements. Une prière collective n’est donc pas un agissement pour chacun d’entre nous à vouloir changer notre chemin, mais la volonté que Dieu change les choses à notre place pour les autres. Et si Dieu était à ce point influençable, il y a longtemps que règnerait la paix sur terre, car bien des générations ont prié pour ça. Non, c’est parce que l’on pense que Dieu peut agir sur le monde et qu’il suffit de le lui demander, que nous nous comportons comme ça. Mais il s’agit bien d’une erreur, car si Dieu n’agissait pas que par nos âmes, la venue de Jésus sur terre n’aurait aucun sens. Si vous souhaitez la paix sur terre, il faut comprendre que cela ne peut venir que de la volonté des Hommes. Puisque c’est comme ça que Dieu a conçu le monde. Si vous souhaitez la paix sur terre, il faut demander à Dieu qu’il vous aide à faire cette paix. Jésus n’ayant pas fait autrement. 


Alors si Jésus est la révélation profonde que Dieu existe ; la vérité pour ceux qui ne l’auraient pas reconnu, c’est que la paix sur terre est une idée utopique, se voulant unilatérale, dans un monde qui ne le permet pas. Le monde créé par Dieu est multilatéral où les choses s’opposent constamment, pour que de l’équilibre des forces en présence, puisse exister la vie. Vie qui pour se maintenir doit pouvoir se préserver par la défense ou la domination. C’est parce que les formes de vies sont multiples que c’est ainsi, les unes se nourrissant des autres. Et c’est d’ailleurs parce que chaque forme de vie tente de se préserver, ne voulant pas mourir, qu’elles peuvent exister et évoluer dans le temps, les Hommes n’ayant pas fait autrement. Mais ne pas voir le sens commun fait naitre «le mal», et cette incroyable intelligence mécanique qui fait que l’Homme existe, doit lui faire comprendre qu’il est concerné depuis toujours ; et que sa domination sur les autres espèces n’a aucune raison de l’affranchir de ce processus, qui est commun à tout ce qui se trouve dans l’univers. Donc se tromper sur la prière est juste la porte ouverte à l’impie, confortée dans l’idée de son ineptie.


On peut trouver ça désarmant, car on voudrait pouvoir agir pour le mieux. Mais on peut agir par notre action. Inutile d’attendre que Dieu le fasse à notre place ou qu’il fasse de nous des superhéros, parce que Dieu n’agit que sur nos âmes. Dans le fait de ne prier que pour soi-même, on pourrait y voir un principe égoïste, car nous avons été bien élevés, pour les besoins de la collectivité. Besoin artificiel assurant la survie de l’ensemble, mais qui ne fait pas partie de notre génétique. L’instinct de survie qui nous est propre est «égoïste». Et nous n’avons pas instinctivement pour habitude de sacrifier notre vie pour celle des autres. Lorsque ça arrive, cela participe d’un dépassement de soi, pour des raisons psychologiques particulières. Toute forme de vie se doit donc d’être «égoïste», s’il en est, pour pouvoir exister.

 

Mais il n’est de toute façon pas possible d’opposer un principe de société, à un principe vital, ce n’est pas comparable. Ne prier que pour soi-même est un principe vital, qui ne peut en aucun cas faire la comparaison à de l’égoïsme. Et c’est justement le contraire, car là, c’est la volonté d’agir pour autrui, de l’action de Dieu et non de la sienne ; que Dieu en soit alors responsable, par les actes et les conséquences. Quelle égoïste vision du monde ! Ainsi, on peut toujours avancer que Dieu jugera de la demande. Mais s’il ne décide pas du destin de l’humanité, la facilité et l’égoïsme n’ont aucune raison d’être et la prière pour autrui de toute inanité. 


Si l’âme existe, c’est donc cela qui intéresse Dieu. Nos âmes telles qu’on les construit. Si ce n’était pas le cas, il n’y aurait alors aucune nécessité de prier. Il suffirait de quelques croyants professionnels pour s’occuper de nos âmes, à qui il suffirait de demander de prier pour nous, on irait les voir un peu comme on va chez le médecin. Non, si Jésus nous a demandé de prier, c’est que l’action de Dieu ne peut se faire, que de notre propre intention. On voudrait un monde sans mal parce que nous refusons que ce mal existe, d’abord pour nous-mêmes et éventuellement pour les autres s’il en reste. Mais si des horreurs existent, c’est parce que la foi en Dieu n’imprègne pas l’humanité. C’est parce que tout un chacun ne trouve pas de justification à Dieu que nos actions ne trouvent pas leur sens commun, laissant alors la voie libre à l’empirisme avec lequel les esprits avancent sans horizon. Ne perdez donc pas votre temps à prier pour que Dieu change le monde, mais pour que Dieu vous donne à changer le monde. 


Mais changer le monde, la tâche peut nous paraitre immense. On n’imagine d’ailleurs même pas l’intelligence qu’il faut pour ça. Cependant, Dieu ne vous invite pas au despotisme d’une sainte horreur, que l’on pourrait commettre en son nom. Non, l’histoire en témoigne, l’action de Dieu est indissociable de nos âmes, où chacun reçoit par l’importance qu’il donne à Dieu. Quelle cruelle conclusion de l’innocence alors, de comprendre que sa parole ne peut se déverser sur le monde en oracle de commandement ! 


Ainsi, pour changer le monde, il s’agit pour chacun d’entre nous de reconnaitre l’existence de Dieu, car c’est cela qui déplace les montagnes. Et lorsque Jésus nous dit que la foi peut déplacer des montagnes, il ne nous dit pas que la foi d’un individu peut le transformer en augure resculptant le monde. On pourrait le penser si Jésus a fait des miracles. Mais les miracles de Jésus, s’ils en sont, n’ont été que pour prouver que Dieu existe et qu’il existe une vie après la mort, jamais pour transformer le monde. Jésus n’est pas venu sur terre pour arrêter les guerres, il n’en aurait pas eu la capacité, cela aurait été paradoxal. Jésus veut nous dire, en déplaçant les montagnes, que la force de la conviction en l’existence de Dieu transformerait le monde, en une force que personne ne pourrait contrer. C’est ce que lui a déjà fait, semant des graines sur le monde, dont il est désormais impossible de se débarrasser. Car ce qu’il a fait l’a été par la foi en Dieu, capable d’anticiper le futur, grâce à notre âme qui chemine par tous les aspects du monde.


Tout un chacun peut donc agir comme l’a fait Jésus, à sa manière, selon ses possibilités et demander l’aide de Dieu pour ça. Mais nul ne peut agir sur le monde de façon miraculeuse comme l’a fait Jésus. Car nous sommes au service de Dieu et non l’inverse, c’est ce qu’il faut garder à l’esprit constamment, pour ne pas se tromper. Il faut alors comprendre que c’est le temps, notre meilleure arme pour changer le monde. Parce que la chose que l’on fait au présent ne peut plus être changée ensuite, puisqu’on ne change pas le passé, ce qui donne au futur rien d’autre que de s’adapter au passé. Mais malgré cela, ce qui a été fait peut être recouvert par les actions des autres. Alors, demander à Dieu d’agir pour votre futur, c’est la meilleure manière d’y rester visible pour tous. Et c’est ça votre miracle, celui que l’humanisme ne peut faire, car guidé par son unique raison, constamment défaite par d’autres raisons.


Donc prier pour que Dieu imprègne tout un chacun de la vérité est une démarche inutile, parce que cette imprégnation est un acte libre et individuel, qui n’est pas commandé par Dieu. De même, on ne peut pas forcer les gens à croire, ou se dire croyant pour se donner bonne conscience, pensant que tout ira mieux ; c’est pire que tout, car Dieu ressent nos âmes, et une âme corrompue est pire qu’une âme ignorante. Jésus ne se serait pas donné autant de mal pour convaincre, s’il suffisait de demander à Dieu qu’il transforme le cœur des Hommes. Non, si Dieu avait cette volonté, il n’aurait pas envoyé son fils pour nous le dire, il l’aurait fait tout simplement. Et même si vous n’adhérez pas à l’idée, que Jésus pût avoir un rapport à Dieu nodal, cela n’a aucune importance, car un humain lambda peut avoir la raison de Dieu. Alors pourquoi Dieu ne nous donne-t-il pas sa raison ? Parce que Dieu ne subit pas le malheur de tout un chacun, il a conçu la vie pour que cette vie prenne conscience de l’existence de son créateur ; et c’est cette vie-là qui l’intéresse, celle qui lui donne quelque chose. Chacun fait donc le choix de Dieu et celui qui ne le fait pas est responsable de ses actes, comme nous l’enseigne Jésus. Celui qui ne reconnait pas le sens commun doit alors reconnaitre les malheurs du monde auquel il participe.

LE COMPLEXE DE L'ORACLE

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